( 22 janvier, 2015 )

HARLEM HELLFIGHTERS

 

Drôle de partition dans les tranchées 

Pour ces hommes de bronze, acharnés 

A défendre le droit de vivre hors délit 

Acharnés à sourire, quitte à mourir ici

Prix fort à payer pour la simple liberté 

Black rang interdit d’approcher le blanc 

Black sourire sous french commandement

 

 Trajet de l’Afrique au vieux continent

C’est l’Amérique et son 369e régiment

 Trajet de l’honneur sur route de sang 

Jusqu’à Berlin leur musique s’entend

 

 Prix fort à payer pour la simple liberté

 Black rang interdit d’approcher le blanc

 Black sourire sous french commandement

 

 Harlem est loin mais le jazz se répand

 D’être la en sacrifice sur le sol géant

 Doré par les éclats de si folles rencontres

 Entre toute l’humanité et son pire ennemi

 

 Prix fort à payer pour la simple liberté

 Black rang interdit d’approcher le blanc

 Black sourire sous french commandement

 

 Le ciel brille sur ta fière médaille dorée

 Mais la ségrégation se prive de ton défilé

 Sur les champs tu as rencontré l’avenir bleu

 Et le ciel qui s’ouvre enfin, plus heureux

 

 Prix fort à payer pour enfin exister

 Black rang sous les applaudissements

 Deviendra un jour Ricain finalement !

 

 

 

 

 

( 22 janvier, 2015 )

LA SIRENE

Grand lac qui s’éloigne en de douces vagues bleues

 

Emportant mon regard froissé comme sec papier

 

A cheval entre hier et demain une de mes larmes se fige

 

Sur les cercles qu’un cygne trace blanc d’indifférence

 

 

 

Les remous tentent une dernière conquête de mon âme

 

Plus haut, quelques montagnes tendent un cou blanc

 

Mes idées noires volent en éclats et en bas m’inondent

 

La berge de graviers m’invite entre ces deux mondes

 

 

 

Une main plonge avec une certitude hors du commun

 

Les bas fonds du lac semblent être peau de son chemin

 

Peau de chagrin elle me pêche comme saumon fumé

 

Et m’arrête dans ma conquête d’enfin vivre la liberté

 

 

 

Sirène qui chante si fort aux matins des désespoirs

 

Il était moins cinq que je ne sombre dans ce vieux port

 

Si blême était mon corps qui ne voulait plus être mort

 

Si même le lac vivrait d’une houle bleue qui endort

 

 

 

( 22 janvier, 2015 )

SODOME ET COMORES

Sodome et Comores

Le Dieu souverain rêve de riches paillotes

La rue souffre dans les âmes de Mayotte

Il semble que le vote ait parlé

Refusant la souveraineté

Quitte à n’avoir que les yeux

Et pour pleurer

Quelques larmes bleues

Refusant le blanc trop vaniteux

Et le rouge qu’enchantent les sillons

 

Sodome et Comores

Le Dieu souverain rêve de riches paillotes

La rue souffre dans les âmes de Mayotte

De ces îles qui vivaient aux saisons

En bons voisins

De ces îles privées de frontières

Le souverain a posé une grosse pierre

Sans même respecter le ciment amer

Reste sur le sable sec un lot de misères

Des cousins vivants outre mer

 

Sodome et Comores

Le Dieu souverain rêve de riches paillotes

La rue souffre dans les âmes de Mayotte

Alors s’emmaillotent dans les couleurs

Les enfants

Le père hexagonal remballe les parents

Restent dans les rues de blanches dents

Aux bons soins de l’état des dispensaires

On se sert mais on bataille la misère

 

Sodome et Comores

Le Dieu souverain rêve de riches paillotes

La rue souffre dans les âmes de Mayotte

L’âme des îles défile sur les barques

De nuit

Comme un voleur

De nuits sans couleurs, comme vol d’espoir

Un viol de la nouvelle loi, sans peur

Juste pour embrasser les odeurs du lien

 

Sodome et Comores

Le Dieu souverain rêve de riches paillotes

La rue souffre dans les âmes de Mayotte

 

( 18 janvier, 2015 )

DANSE AVEC MOI ….

Danse avec moi

 

Juste une hallucination en acrylique sur toile de lin

Juste une hallucination en acrylique sur toile de lin

 

Sang noir dans mes pas

Suis moi, sans couleur

Semblant ne le fait pas

Suis moi, zen, sans peur

 

Sans même boire ma foi

Mais surtout ne fuit pas

Avance un pied maladroit

Avant l’autre plus adroit

 

Ici on ne rêve que samba

On se saoule dans ses bras

Ici on se balance du froid

La chaleur pense sans débat

 

Frappe ce gros bambou creux

Frappe fort sur le nœud

Il ne cassera jamais un pied

Qui ne pense qu’à danser

 

Embrasse ce sable fin doré

Laisse l’eau bleue t’avaler

Un instant salé qui se danse

Dans les pas que j’avance

 

Sang noir dans mes pas

Suis moi, sans couleur

Semblant ne le fait pas

Suis moi, zen, sans peur

 

 

 

( 18 janvier, 2015 )

Ils l’ont fait !!!

Ils l’ont fait !

 

 220px-Je_suis_Charlie

 

 

On attendait le pire de cette armée égarée

De cette sombre armée qui se gave de folie

On attendait le pire, on l’a eu, avec le son

On l’a eu avec l’image et la rage contagieuse

 

Nos voisins, partout dans ce monde décapité

Nos cousins parfois, seront-ils aussi infectés

Le virus des esprits faibles fait son chemin

Est-ce aujourd’hui pour l’humain son destin ?

 

Comment combattre l’ombre derrière les yeux

Comment viser la folie qui se cache haineuse

Sous un visage commun que l’on croise souriant

On attendait le pire, le diable est bien vivant

 

Puis le doute d’une vieille promesse se lève

Les mauvais élèves de la liberté font la brève

La une d’un carnage qui dessine contre les uns

Et tous les autres de ce pays ému républicain

 

L’absolu respect de la liberté d’exprimer tout

D’exprimer même sous des formes de fous

Le simple droit, assassiné d’un monde ouvert

Il souffre, mais va vite remettre le couvert !

 

Sous les chaumières froides, grande solitude

Se partage, à travers tout un monde d’émules

Un vent de force encore inconnue, file son train

Et rassemble les destins à ne faire plus qu’un

 

Demain peut-être s’ouvrira une belle fenêtre

Sur un monde enfin réuni sans mal-être

Avant que ne s’installe la noire nuit sans fin

Qui rode pour nous priver des clairs matins

( 16 janvier, 2015 )

ABSENCE

 Je devais bien à mon pauvre père quelques mots

pour l’accompagner dans ce désert trop  solo !

 

Scène d’Alzheimer 

Le temps d'une soirée numériquement trafiquée ...

Le temps d’une soirée numériquement trafiquée …

Le couloir semble sans fin

J’avance vers mon destin 

J’avance comme une limace 

Mais ne laisse aucune trace 

 

La porte s’éloigne de moi 

A chacun de mes pauvres pas 

Je ne croise ici personne 

Ce couloir semble aphone 

 

Et j’avance encore et encore 

Dans ce couloir sans décor 

Le passé se passe même d’hier 

Pas un jour gravé sur la pierre 

 

Le couloir gagne vaine victoire 

Mon corps s’écroule sans voir 

Dans une nuit qui ne rêve noir 

Que d’avancer dans ce couloir

 

( 16 janvier, 2015 )

FRACTURE

 

Fracture

 

 220px-Je_suis_Charlie

 

 La fissure d’un monde fragile 

Bâti sur des prières d’argile 

Sourire sur le feu 

 

Le sel qui réveille les plaies 

D’une épée qui saigne la paix 

S’enfonce le pieu 

 

L’occident a mal aux dents 

Et soigne sa rage en avalant 

Un cri anxieux 

 

Sa langue de bois s’ouvre en soif 

Et sortent des sons qui décoiffent 

Des fruits glorieux 

 

Et d’autres bien moins silencieux 

Le monde fragile regarde les cieux 

Avec de gros yeux 

 

La vive fissure divise la terre ferme 

Les vagues s’emballent, s’enferment 

Explosent les vœux 

 

On actionne les croisades, et le feu 

On raisonne comme bout d’une queue 

La fracture entre en jeu 

 

L’école de la république n’est que peu 

Les maîtres encore sont sous les feux 

Matrices ou nœuds 

 

Ils auraient à décharger en vos fissures 

La lourde charge de vos fractures 

Ils ne sont pas vos dieux

 

( 13 janvier, 2015 )

Immense « Je suis CHARLIE » !!!

220px-Je_suis_Charlie

Immense 

 

La blessure vit intense

L’âme, cherche le sens

Et les cœurs désarmés

Saignent, leur liberté

 

L’expression d’un crayon

Violée au fut d’un canon

L’impression de différences

Laminée, et à contre sens

 

La blessure vit intense

Et le débat ici, commence

Aux fenêtres des prisons

Et ailleurs aussi, la déraison

 

La douleur vit intense

Et on ose bafouer, le silence

Le pays, découvre son école

La république, offre ses colles

 

Se dessine un pont des soupirs

Entre cours folles et geôles

On imagine pour demain, le pire

Si la liberté reste trop molle

 

L’oiseau, migrant contre nature

Vers de perverses pâtures

Ne trouvera jamais le silence

Ni la paix, de la bienveillance

 

Mais la blessure vit intense !

 

 

( 13 janvier, 2015 )

MEKTOUB

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Mektoub

Gaza et sa bande encore
Du bruit toute la nuit
L’artificier n’est pas mort
La fête explose et rie
Encore une nuit sous le décor

Mektoub les corps sans vie
Et basta la terre sainte
Partage n’est qu’en prières
Vaines, et depuis des lustres
L’entêté explose de rires
Sur les terrasses, mise en bière

Mektoub les corps sans vie
Basta les enfants, les mamans
La rage, trouve partout le sang
Rouge Juif ou musulman
Pourvu qu’il coule longtemps
Pourvu qu’il trouble le temps

Mektoub les corps sans vie
Jésus cristallise vos envies
Dans un puits de tendresse
Il dresse son drapeau, son pi
Tétez donc mamelle qui se presse
Mektoub, dansez donc la vie
Les pas sont aussi de plaisir
Sur le rythme des sourires

Mektoub
Regardez venir le printemps
Mektoub braves gens
Le temps est passé
Mélangez dans vos prières
Qui, une tasse de thé
Qui, un regard partagé

Olé
Mektoub, enfin le printemps
Le temps est passé
Les bombes sont glacées
Pleurent,
Ne veulent plus tuer
Ne veulent plus déchirer le temps
Ni le cuir de vos enfants

Mektoub

( 9 janvier, 2015 )

Sur un songe

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Sur un songe

Sur un songe, seulement un songe
Une corde ajustée me donnait le ton
Le droit de rêver
Au-delà des mers, sous cocotiers
Au-delà mon frère, j’ai rêvé
Les langoustes grillées
Le parfait d’un riz pimenté
J’ai même rêvé l’accent
Mais juste un instant
Je ne suis pas bonne oreille
Quand arrive le sang
Qui n’est autre
Que pas le mien
Même si pas différent
Il ne m’appartient
Que de lui laisser l’espace
D’être à sa place

J’ai rêvé mon frère
J’ai songé aux temps
Les temps passés sous clés
Privés d’ombre
J’ai rêvé les cocotiers dénudés
Les épaules exposées
Les bananiers
Les tempêtes
J’ai rêvé

Les fruits encaissés
Les maîtres gavés
Et le vent impuissant
Souffrance du temps

J’ai rêvé
Ou peut-être un songe

Qui ronge …
Qui ronge …

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